Les rêves à rejoindre

Le Tour de base 2018 : l‘’aventure collective en vélo, un projet de société en soi

« Pour construire un projet de société, n’ayons pas peur d’affirmer nos valeurs et dire que la liberté c’est l’émancipation. » (Henri Pena-Ruiz)demain

Le Tour de base est un voyage à vélo estival de deux semaines environ, à destination de l’évènement d’été du Mouvement Français pour un Revenu de Base. Il est ouvert à tous les volontaires en fonction de leur temps libre et de leurs moyens, visant à partir sur les routes à la rencontre des Français.e.s afin de prendre la température sur l’idée d’un revenu de base à travers des animations de rue.

Après ce Tour de base 2018, où nous avons pédalé dans le Grand Ouest français du 4 au 15 août afin de créer des espaces informels de discussions autour du revenu de base, on serait peut-être tentés de se demander : « Ok c’est bien beau de pédaler, de débattre dans la rue, mais après quoi ? Quels sont les résultats ? Vers où cela mène-t-il ? »

Au-delà du fait qu’il est difficile de mesurer, quantifier, les impacts réels d’un tel voyage sur la cause défendue, j’aimerais orienter votre attention vers une autre direction : le voyage collectif en soi. En effet, cette aventure humaine a produit en elle-même un résultat très satisfaisant : ce que nous avons réussi à créer comme groupe, qui reflète ce que nous défendons et ce que nous espérons pour le monde.

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Alors, en quoi cette aventure humaine est-elle un projet de société en soi ?

Parce que nous étions une bande de 13 individus, ne se connaissant pas forcément, venant d’histoires, d’âges, de territoires différents, partant à vélo pour 450 kilomèters d’un point A à un point B avec un objectif commun, celui de l’instauration d’un revenu inconditionnel d’existence, que nous désirons ensemble pour chacun.e et pour tous.

Venant du Jura, de Dordogne, de Paris, de Lille, de Bruxelles, de Liège, et animés par cette idée d’émancipation citoyenne, nous avons tous pris du temps de nos vies personnelles pour aller à la rencontre de l’autre, de l’ailleurs, afin de faire circuler l’imaginaire d’un monde à notre mesure, avec comme seul moteur pour avancer la force de nos jambes et de nos aspirations. Et, comme pour tout projet, nous nous y sommes lancés ensemble sans savoir ce qui allait se passer sur la route.

Bien sûr nous savions qu’il y aurait des obstacles, que ce soit d’ordre météorologique, logistique ou physique… Mais le simple fait de démarrer cette aventure, de se donner rendez-vous sur ces bords de Loire, à Tours, ce 4 août, avec toute cette part d’inconnu, montrait que nous étions prêts à les dépasser pour ce que nous croyons, que ce soit sous la forme d’un revenu de base ou non. Nous savions que nous y arriverions ensemble, avec ce que nous sommes chacun, même si nous ne connaissions vraiment au début ni tout le monde ni la destination finale. La seule chose que nous savions, c’est que nous étions là pour la même chose : ce rêve d’une société plus juste pour nous-mêmes mais aussi pour tous ceux qui nous entourent, où nous pourrions tous trouver notre place, celle que l’on désire pour soi et parmi les autres, suivre nos rêves et nos envies, malgré toutes nos différences.

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Et c’est ce que nous avons réussi à créer au sein de notre groupe : un monde suspendu sur deux semaines, notre monde, où chacun.e pouvait être, se mouvoir, décider, s’exprimer, râler, tout en prenant soin des autres. Ce cadre, nous l’avons construit petit à petit et naturellement, avec l’aide de cercles de parole, chaque soir, où chacun.e pouvait se mettre à jour. Un cadre flexible mais assez solide, implanté dans le présent, pour affronter les mouvements de la route, les intempéries, les imprévus, et qui nous permettait de ne pas oublier pourquoi nous étions tous réunis dans ce voyage.

Voici les mots qui sont ressortis spontanément lors de notre bilan final, juste ces quelques mots, ces mots comme un présage : BIENVEILLANCE, LIBERTÉ, DIVERSITÉ, OUVERTURE, PRESENT, FLEXIBILITÉ, EXPRESSION.

Est-ce un hasard ? Est-ce une chance ? Ou est-ce peut-être le reflet des convictions que nous portons autour de ce projet de revenu de base ? Peut-être est-ce cet imaginaire collectif pour lequel nous nous sommes embarqués à vélo ensemble qui nous a poussé à créer pour nous ce que nous espérions pour demain ? Cet imaginaire collectif où il est possible d’envisager un autre monde en restant nous-même, en nous amusant, en dansant, en chantant, en créant. Cet imaginaire collectif qui nous fait avancer POUR et non CONTRE quelque chose.

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Je me souviendrais longtemps de ce moment où nous dansions en silence, dans une pleine confiance, sur le parking du super U de Craon la nuit, attendant nos lessives pleines d’aoûtats, sur la musique « Imagine » de Lennon que Radio Nostalgie nous passait à travers les hauts parleurs de la voiture, comme fait exprès… Je me disais alors que le monde imaginé par John, ce « naïf » projet utopiste, n’était pas si inextinguible finalement. Nous avions juste à prendre le temps, à nous approcher de l’Autre et à nous lancer dans l’aventure.

Je me suis demandé un moment quelle serait ma conclusion à ce texte, et je n’ai rien trouvé de mieux que ce j’ai dit au reste du groupe, lors de notre dernier cercle de parole, après notre arrivée au Camp de base, l’événement d’été du Mouvement Français pour un Revenu de base (MFRB), dédié à la formation des sympathisants : « Je vous ai tous regardés vous mouvoir dans ce nouveau groupe, parmi ces nouveaux visages. Et quand je vous regardais individuellement, je ressentais une profonde tendresse pour ce que vous êtes chacun, dans nos ressemblances et nos différences : une tendresse inconditionnelle. Alors peu importe le revenu de base, peu importe le MFRB, ce que nous avons réussi à créer est déjà immense, et contient finalement les valeurs qui nous lient à ces deux projets. »

Et vous, seriez-vous prêts à rejoindre le projet ?

Léna Le Guay

 

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La nouvelle boîte de Pandore

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« Et Pandore ouvrit la boîte, libérant ainsi tous les maux qui y étaient contenus. Paniquée, elle voulut refermer la boîte pour les retenir ; hélas, il était trop tard, tous les maux s’abattirent sur l’humanité. Seule l’Espérance, plus lente à réagir, y resta enfermée. Depuis ce jour, mille calamités font souffrir les hommes… »

Qu’espérons-nous pour les nouvelles années à venir ?

Quels sont vos nouveaux souhaits pour l’humanité ?

Et si nous inventions une nouvelle boite de Pandore  dont nous répandrions tous les bienfaits sur 2019?

Je me propose de créer cette boîte pour que nous la remplissions de tous nos rêves, je l’emmènerai partout où j’irai pour que nous nourrissions ensemble, tout au long de l’année, l’espérance qui se trouve au fond.

Au 1er Janvier 2019, nous l’ouvrirons et l’enverrons à « ceux qui disent leurs prières tout haut » afin qu’ils nous entendent.

« Je ne veux plus suivre

Cette foule sans loi

Tandis que les tueurs au pouvoir

Disent leurs prières à haute voix

Mais ils ont amassé un orage

Et ils vont entendre parler de moi »

Anthem – Léonard Cohen

 

Léna Le Guay

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Le Tour de Base

Que feriez-vous avec un revenu garanti à vie ?

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[Affiche réalisée par Isaline Moulin, directrice artistique et graphiste pluridisciplinaire, dans le cadre du projet du Tour de Base]

♥Son site ICI♥

 Cette question autant surprenante qu’alléchante parait premièrement absurde. Qu’est-ce que cela veut dire ? Comment cela serait-il possible ? D’où peut surgir une telle idée et comment peut-elle prendre forme ?

Tout d’abord, qu’est-ce qu’un revenu garanti à vie ? Pour le Mouvement Français pour un Revenu de Base, qui est une association transpartisane, laïque et non-affiliée à un parti politique, le revenu garanti à vie est « un droit inaliénable, inconditionnel, cumulable avec d’autres revenus, distribué par une communauté politique à tous ses membres, de la naissance à la mort, sur base individuelle, sans contrôle des ressources ni exigence de contrepartie, dont le montant et le financement sont ajustés démocratiquement. ».

A quoi servirait-il donc? Et bien…s’émanciper, éradiquer l’extrême pauvreté, choisir son travail, développer nos richesses personnelles (développer des projets culturels ou associatifs), etc… cherchez et vous trouverez autant de raisons que possible.

Cela parait fou et pourtant l’idée n’est pas nouvelle. On la trouve déjà en 1516 dans l’ « Utopie » de Thomas More, grand rêveur dans une époque troublée par la guerre et la misère , où il décrit un merveilleux endroit où règne une société sans malhonnêteté, sans pauvreté, et sans impôt, en bref une société idéale qui est avant tout une institution de liberté et de choix permettant de satisfaire les besoins de chacun et de faire respecter les droits de chacun.

Il y a bien entendu eu des avancées depuis le Moyen-Age de Thomas More sur ces questions, notamment grâce aux combats d’autres rêveurs. Aujourd’hui, au XXIème siècle, notre déclaration universelle des droits de l’Homme, bien que bafouée, nous le rappelle :   « Toute personne a droit à un niveau de vie suffisant pour assurer sa santé, son bien-être et ceux de sa famille, notamment pour l’alimentation, l’habillement, les soins médicaux, le logement ainsi que pour les services sociaux nécessaires ».  Art-25

Nous sommes loin de la réalité dépeinte dans cet article, mais la question d’un revenu de base revient au galop et s’est même immiscé dans les discours politiques. Au Brésil, en Espagne, en Finlande, en France, au Pays-Bas, en Suisse…commencent à naitre des projets autour de ce possible outil.

Mais alors, « concrètement », comment peut-il prendre forme ? Tout d’abord en commençant à y réfléchir ensemble. En commençant à imaginer un autre avenir et une forme d’organisation que celle que nous connaissons où le travail ne rime plus avec survie mais avec plaisir et où le sens prime sur l’argent.

Je propose alors d’aller sillonner la France avec mon vélo pour aller rencontrer les français et françaises  et  avancer ensemble sur les questions de fond qui concernent notre avenir. Une occasion de créer des rencontres inattendues dans l’espace public, d’avoir une idée plus claire de l’opinion des autres, de se mettre en situation, de s’autoriser à douter, à évoluer, à rêver…

Ce tour à vélo serait participatif et donc ouvert à tous les volontaires en fonction de leur temps de libre et de leurs moyens. Un jour, une semaine, un mois, ou tout le tour pour les plus motivés. Les connaissances autour du Revenu de Base ne sont pas nécessaires pour participer au voyage, juste votre joie de vivre et votre curiosité!

Je vais expérimenter ce projet cet été pour rejoindre l’Université d’été du MFRB qui se passe à Masseube le 17 Août, dans le Gers, et où sont prévus 3 jours de débats, jeux, conférences, rencontres autour de cette question, accompagnés d’une programmation culturelle et festive. Nous partirons de Périgueux le 4 Août et nous arrêterons dans différentes villes étapes (Bordeaux, Agen, Montauban et Toulouse) pour faire des actions de rue type Porteur de Parole où nous afficherons dans la rue la question « Que feriez-vous avec un revenu garanti  à vie ? » pour discuter avec les gens de leurs envies et réveiller leurs rêves.

Les inscriptions à l’université d’été ne sont valables jusqu’au 15 Juillet mais vous pouvez aussi juste participer à l’aventure et au voyage en vélo  😉

Pour plus d’infos et si vous êtes intéressés, écrivez-moi à l’adresse lalignerevee@gmail.com ou suivez-nous sur l’événement Le Tour de Base.

Léna Le Guay

 

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Citoyens du monde

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Nous sommes deux jeunes réalisatrices portées par des valeurs humanistes, mondialistes et écologistes.

Emilie Tapiero et Joana Maurel vivant d’image et d’eau fraîche depuis déjà quelques années.

En plein milieu de la vingtaine, nous avons sans cesse besoin de créer et de nous exprimer sur le monde qui nous entoure.

Notre projet est un court-métrage d’une quinzaine de minutes.

La Citoyenneté du Monde a pour principe de prôner un monde sans frontières.

Notre point de départ se situe en 1949 à la création du Registre des Citoyens du Monde par Garry Davis. Nous nous basons sur cet événement historique (qui malheureusement n’a pas eu de suites légales dans notre société) pour créer un univers parallèle où les citoyens du monde auraient leur propre existence aujourd’hui, avec leur propre constitution, leur mode de vie et leur système économique. Les « sédentaires » (ceux qui n’ont pas choisi la citoyenneté du monde) existent toujours, ils peuvent choisir de rester affiliés à leur patrie ou bien d’obtenir le statut de citoyen du monde qui est irréversible.

Suivez notre actualité sur la page facebook du film : ICI

La production du film avance à grand pas !

Notre premier crowdfunding n’ayant pas fonctionné, nous relançons une nouvelle campagne de financement participatif. Alors c’est à vous de jouer : diffuser au maximum et participer à la mesure de vos possibilités !

On compte sur vous car c’est un projet collectif qui nécessite l’investissement du plus grand nombre pour enfin voir le jour !

Après un barrage nécessaire à la haine et à la fermeture des frontières, nous avons tous besoin de croire qu’un monde plus humain peut exister, un monde où la peur de l’autre ne serait qu’un vague souvenir.

Alors merci beaucoup pour votre soutien indéfectible !

Le lien : ICI

Emilie Tapiero et Joana Maurel