LA LIGNE RÊVÉE

Partage de rêves d’avenir pour dessiner un horizon commun

 

PRÉAMBULE : Lettre aux rêveurs

« J’ai vu, Harry : mes rêves avaient raison, mille fois raison, tout comme les tiens. C’était la vie, la réalité qui avait tort. […] » (1)

Nous sommes tous incontestablement des rêveurs. Rêves d’été, rêves d’hiver, rêves de soleil, rêves de tempête, rêves de campagne, rêves de ville, rêves d’amour, rêve de solitude, rêves de paix, rêves de liberté, rêves d’inconnu, rêves de voyages, rêves d’authenticité, rêves de bonheur, rêves érotiques… Nos vies semblent rythmées par les laisser-allers de notre imagination. Et pendant que ceux-ci cogitent, le rêve de certains prend forme, nous rendant complètement impuissants, nous imposant ce que d’autres appellent « la réalité » : la gourmandise de l’argent et du pouvoir, le règne des oligarques et des inégalités, le devoir de tuer et de mentir, la nécessité de détruire l’environnement et de demander toujours plus, l’occupation de se détester et de se jalouser…. Ils l’appellent « réalité », mais faut-il pour autant s’y plier ? Faut-il renoncer à nos rêves ou faut-il justement les brandir à notre tour, comme une arme, pour contrer ces rêves imposés ?

J’ai la conviction que nos vies sont finalement le reflet de nos rêves et que certains fous ne sont pas aussi fous que nous le croyons. A travers l’Histoire, nous pouvons voir que ceux qui étaient considérés comme fous étaient en avance sur leur temps et que leur acharnement à suivre leurs rêves a servi à faire avancer le monde. Du  scientifique Galilée dans l’Italie catholique et humaniste, en passant par la communiste et féministe Flora Tristan sous la monarchie de Louis-Philipe, au militant noir Marcus Garvey dans l’Amérique puritaine de la première moitié du 20ème siècle,… etc. Convaincus que leurs rêves pouvaient prendre forme, ils ont passé leurs vies à les rêver sans relâche et à les faire apparaître sous la lumière du jour.

«Un rêve qui ne devient pas réalité est un rêve qui n’a pas été assez rêvé.» Robert Sabatier ; Le livre de la déraison souriante (1991).

En constatant l’état général du monde, nous remarquons que nos rêves sont en fait devenus des cauchemars. Don Ruiz Miguel, chaman et auteur mexicain, expose dans son livre « Les quatre accords toltèques » (2) que, dans le rêve général de notre société, « il semble normal que les humains souffrent, qu’ils vivent dans la peur et provoquent des drames émotionnels. Ce rêve n’est pas agréable ; c’est un rêve de violence, de peur, de guerre, un rêve d’injustice. Quant aux rêves personnels des humains, même s’ils présentent quelques variations, de manière générale ce sont des cauchemars. Si l’on regarde la société humaine, on constate que la raison pour laquelle il est si difficile d’y vivre est qu’elle est régie par la peur. Aux quatre coins de la planète on voit de la souffrance humaine, de la colère, un esprit de revanche, des toxicomanies, de la violence dans la rue et une incroyable injustice. Présente à différents niveaux dans chaque pays, la peur contrôle tout le rêve de la planète. Si l’on compare le rêve de la société humaine avec la description de l’enfer que les religions du monde ont promulguées, on constate que les deux sont identiques. Les religions disent que l’enfer est un lieu de punition, de peur, de douleur et de souffrance, un lieu où le feu vous brûle. Le feu résulte des émotions nées de la peur. Chaque fois que l’on ressent de la colère, de la jalousie, de l’envie, ou de la haine, on sent un feu qui brûle en soi. On vit dans un rêve d’enfer. Si vous considérez l’enfer comme un état d’esprit, alors il est présent partout autour de nous. Certains disent que si nous ne faisons pas ce qu’ils nous commandent, nous irons en enfer. Pas de chance : nous y sommes déjà, et ces personnes aussi ! Aucun être humain ne peut condamner un autre à l’enfer, parce que nous y sommes déjà tous. Les autres peuvent nous plonger dans un enfer plus profond, c’est vrai, mais seulement si nous y consentons. Chaque être humain a son propre rêve personnel et, comme celui de la société, il est généralement régi par la peur. On apprend à rêver l’enfer dans sa propre existence, dans son rêve personnel. Les mêmes peurs se manifestent de façon différente chez chacun, bien entendu, mais nous ressentons tous de la colère, de la jalousie, de la haine, de l’envie, et d’autres émotions négatives. Notre rêve personnel peut aussi devenir un cauchemar perpétuel dans lequel nous souffrons et vivons dans un état de peur permanent. »

Puis il ajoute « Mais il n’est pas indispensable de faire des cauchemars. Il est possible d’avoir de beaux rêves ». Oui, nous pouvons cesser le cauchemar, recommencer à penser nos rêves d’enfants. Mais pour cela nous devons nous réveiller, et apprendre à déconstruire nos rêves imposés, nos cauchemars, pour choisir le sien, propre à soi.  Comme l’exprime joliment Augusta Amiel-Lapeyre en 1909 dans son ouvrage Pensées sauvages : « L’homme éveillé choisit ses rêves ; celui qui dort les subit. » Et nos rêves sont généralement tournés vers l’amour de soi et de l’autre (non pas un amour narcissique et possessif mais un amour de respect et de tolérance) et l’amélioration du quotidien. Et pour cela, il faut également re-questionner les notions de possible et d’impossible, de réel et d’imaginaire, qu’on nous délimite et nous inculque dès les premiers âges.

En effet, malgré notre volonté forte à voir nos rêves se réaliser, nous avons eu tendance à les lier avec l’impossible. Nous les enfermons dans ce lointain, dans ce lieu chimérique, qui les emprisonne dans leur état de songe.

Mark Twain, conteur et écrivain americain, a un jour dit très justement « Tout le monde savait que c’était impossible à faire. Puis un jour quelqu’un est arrivé qui ne le savait pas, et il l’a fait. »

Je pense qu’il ne faut jamais accepter simplement ce qui est et renoncer  à ses aspirations sous prétexte que le reste est impossible. C’est cette notion d’impossible, d’utopie, qui dresse des barrières d’impuissance, qui met en bouteille tout espoir imminent, alors que celui-ci n’attend que sa libération et son impulsion.

Qui aurait cru au Moyen Age que le citoyen pourrait enfin voter pour son représentant ? Qui aurait cru sous la monarchie de la Ière république qu’une femme aurait entièrement le droit d’exprimer son indépendance ? Qui aurait cru dans la Grèce antique qu’un homme pourrait un jour marcher sur la lune ? Qui aurait cru dans l’Amérique de l’esclavagisme qu’un homme noir arriverait au pouvoir ?  Ils criaient tous : « Mais c’est impossible ! Vous êtes fous ! Quelle utopie ! » Sauf certains rêveurs. Et cela a été finalement possible.

J’ai toujours eu beaucoup de mal lors de débats et discussions, autour d’un repas de famille par exemple, où je laissais aller mes pensées et espérances pour un monde plus responsable et égalitaire, et où on me lançait en soufflant « Mais reviens donc dans la réalité ! Tu es complètement hors de la réalité ! ». Je refrène alors (parfois) une terrible envie de leur jeter à la figure : « Mais c’est quoi la réalité ? Si c’est ce que vous me décrivez, alors gardez-la pour vous votre réalité ! Mais moi je n’en veux absolument pas ! Alors ne vous épuisez pas plus longtemps à m’y enfermer ! ».

Qu’est-ce que la réalité ? Quelle est cette chose, bourreau des rêves, dont ils me parlent, cette chose immuable et encagée, qui ne montre aucune porte de sortie et aucun terrain d’action, et utilisée comme argument pour assommer toute envolée ?

Pour moi, la réalité n’est ni immobile, ni définissable, elle est faite de complexités et d’adversités, de secousses et de déplacements, de glissements et d’évolutions ; nous construisons notre réalité, avec nos rêves par exemple, et chaque jour nous pouvons décider de l’emmurer dans un passé (ou dans un futur) ou de la libérer dans un présent. Rien n’est figé et savoir ce qu’est la réalité n’est finalement pas très intéressant, ses origines et ses solutions non plus. C’est le chemin de cette « réalité », son devenir, qui l’est. Car nous ne sommes plus en position de penseurs, mais celle d’acteurs.

 « Le but, ce n’est pas de répondre à des questions, c’est de sortir, c’est d’en sortir. Beaucoup de gens pensent que c’est en ressassant la question qu’on peut en sortir. […] On ne va pas cesser de revenir à la question pour arriver à en sortir. Mais sortir ne se fait jamais ainsi. Le mouvement se fait toujours dans le dos du penseur, ou au moment où il cligne les paupières. Sortir, c’est déjà fait, ou bien on ne le fera jamais. Les questions sont généralement tendues vers un avenir (ou un passé). L’avenir des femmes, l’avenir de la révolution, l’avenir de la philosophie, etc. Mais pendant ce temps-là, pendant qu’on tourne en rond dans ces questions, il y a des devenirs qui opèrent en silence, qui sont presque imperceptibles. On pense trop en termes d’histoire, personnelle ou universelle. Les devenirs, c’est de la géographie, ce sont des orientations, des directions, des entrées et de sorties. […] Un devenir-révolutionnaire est plus important que l’avenir ou le passé de la révolution. Un devenir-femme, un devenir-animal sont plus importants que la différence des sexes et des règnes. […] Ne pas faire le point : plutôt tracer des lignes. Les lignes n’ont pas d’origine, et poussent par le milieu. On ne fait jamais table rase, on est toujours au milieu de quelque chose, comme l’herbe. Plus on prend le monde là où il est, plus on a de chance de le changer… » (Gilles Deleuze dans « Dialogues ») (3)

D’ailleurs, si nous revenons au dîner, où nos interlocuteurs brandissent l’argument de la réalité comme une massue, nous pouvons alors rétorquer que notre « réalité » à travers l’Histoire n’a jamais été la même : il y a 50 ans, il y a un siècle, il y a trois siècles, et puis même il y a 5 ans… Et ces époques ont pu s’envoler de leurs cages grâce aux personnes qui ont su porter leur rêve en leur sein et qui ont su en faire des lignes directrices à partir de ce que leurs temps leur offraient. Des rêves communs à toutes ces époques : des rêves d’égalité, de camaraderie, de justice, d’amour, de progrès humain.

«Toute réalité n’est que le rêve d’un rêve.» Henri-Frédéric Amiel ; Journal intime, le 11 décembre 1872

Bien sûr nous sommes loin de l’accomplissement parfait de ces rêves et cela vient du fait que nous restons enfermés dans nos cauchemars et dans nos tragédies, sans jamais oser les affronter. Edwy Plenel, dans son livre « Dire non », écrit par rapport à la tragédie : « Ne pas la fuir, l’assumer, la vivre, l’affronter. » (4)

Et l’affrontement ne peut se faire que si nous sortons nos rêves de leurs étuis d’acier et que nous leur donnons une forme, un poids, un devenir.

La création d’une caste politique professionnelle et élitiste nous a appris à grandir avec l’idée que nous n’avions aucun poids et que nos rêves étaient égoïstes, dérisoires et faux. Dans son livre Dialogues, Gilles Deleuze cite Jean-Luc Godard : il n’y a pas d’idées justes, il y a justes des idées. Il n’y a pas de rêves justes, il y a juste des rêves, et chacun, par leurs manifestations, peuvent faire avancer le monde. Nous avons effectivement du poids et celui-ci prend de l’importance avec les rêves que nous portons et gardons à nos côtés.

Et si nous ajoutons notre poids avec celui des autres, nous pouvons faire redescendre de la balance ceux que nos prédécesseurs ont mis au sommet : les monstres qui se cachent sous nos lits, ceux qui parlent de guerre, de haine, d’argent, de durs labeurs et de sang. Nous ne les voulons désormais plus dans nos rêves.

Revenons à notre repas : j’expose avec indignation et aspiration mes rêves d’amélioration pour le futur et on me lance : « Ah la rêveuse ! On dirait moi quand j’avais 20 ans ! ».

Cette parole aussi triste que résignée montre alors avec évidence que si la majorité des individus n’avaient pas abandonné leurs rêves avec désespoir, nous n’aurions pas le monde bafoué que nous avons aujourd’hui. J’ai alors encore une fois l’envie de riposter : « Votre réaction me chagrine et me donne davantage la volonté de travailler chaque jour pour garder mes rêves, afin de laisser à mes enfants ou petits-enfants un monde plus enchanteur que celui-ci ».

Le terme de rêveur a souvent été tourné en ridicule ou en négatif, en opposition avec ce qui est ou pourrait être, alors qu’il en est le moteur. Sans nos rêves, il n’y aurait rien, tout serait néant. Or le rêveur est le visionnaire du présent, le détenteur de l’instant, le libérateur des possibles et des impossibles. Rien que l’ombre de sa vision transforme l’inexistant en existant. Il crée la vérité parmi les vérités, un unième soleil levant.

« C’est une vieille vérité, mais voilà ce qu’il y a de nouveau : c’est impossible que je m’y perde trop. Parce que j’ai vu la vérité, parce que j’ai vu et que je sais que les hommes peuvent être heureux et beaux sans perdre le pouvoir de vivre sur terre. Je ne veux pas et je ne peux pas croire que le mal soit l’état normal des hommes. Or, s’ils se moquent, c’est seulement de cette croyance-là. Mais comment pourrais-je ne pas croire : j’ai vu la vérité – je ne l’ai pas inventée dans mon esprit, je l’ai vue, je l’ai vue, et son image vivante a pour toujours empli mon âme. Je l’ai vue dans une plénitude si complète que je ne peux pas croire qu’elle puisse ne pas exister chez les hommes. Et donc, comment pourrais-je me perdre ? Je peux m’écarter, bien sûr, et même plusieurs fois, et je parlerai peut-être, même, avec des mots qui ne seront pas à moi, mais pas longtemps : l’image vivante de ce que j’ai vu sera toujours avec moi, elle me corrigera, elle me dirigera toujours. J’ai la fraicheur, j’ai la vigueur, et je marche et je marche, même pour mille ans peut-être. Vous savez, je voulais même cacher, au début, que je les avais tous corrompus, mais c’était une erreur – tenez, la première erreur ! Mais la vérité m’a chuchoté que je mentais, et elle m’a préservé, elle m’a dirigé. Mais comment faire le paradis – je ne sais pas, parce que je ne sais pas le dire avec des mots. Après mon rêve, j’ai perdu les mots. Du moins, tous les mots principaux, les plus utiles. Mais, soit : je marcherai, et je parlerai toujours, sans me lasser, parce que j’ai quand même vu de mes propres yeux, même si je ne sais pas redire ce que j’ai vu. Mais voilà bien la chose qu’ils ne comprennent pas, ceux qui se moquent : « Un rêve qu’il a vu, n’est-ce pas, un délire, une hallucination ». Et ils trouvent ça malin ? Et ils en sont si fiers ! Un rêve ? Qu’est-ce qu’un rêve ? Et notre vie, elle n’est donc pas un rêve ? Je dirais plus : tant pis, tant pis si cela ne se réalise jamais, et s’il n’y a jamais le paradis (cela quand même je le comprends), eh bien, moi, malgré tout, je continuerai de prêcher. » (Dostoievski – Le rêve d’un homme ridicule) (5)

Bien entendu, la forme et le poids de votre rêve dépendra de ce choix : Rêver sa vie ou vivre ses rêves. Laisser le rêve flotter sans consistance, ou le ramener à terre en lui donnant du poids, de la voix, du mouvement. Laisser notre liberté dehors, ou la lâcher dans la cage où nous nous trouvons pour qu’elle y prenne place.

« Il n’est pas en mon pouvoir de rester perpétuellement tourné vers la mer et de comparer sa liberté avec la mienne. Le moment arrivera où je devrais me retourner vers la terre et faire face aux organisateurs de l’oppression dont je suis la victime. Ce que je serai alors contraint de reconnaître, c’est que l’homme a donné à sa vie des formes qui, au moins en apparence, sont plus fortes que lui. Même avec ma liberté toute récente je ne puis les briser, je ne puis que soupirer sous leur poids. Par contre, parmi les exigences qui pèsent sur l’homme, je peux voir lesquelles sont absurdes et lesquelles sont inéluctables. Selon moi, une sorte de liberté est perdue pour toujours ou pour longtemps. C’est la liberté qui vient de la capacité de posséder son propre élément. Le poisson possède le sien, de même que l’oiseau et que l’animal terrestre. Thoreau avait encore la forêt de Walden, mais où est maintenant la forêt où l’être humain puisse prouver qu’il est possible de vivre en liberté en dehors des formes figées de société ? Je suis obligé de répondre : nulle part. Si je veux vivre libre, il faut pour l’instant que je le fasse à l’intérieur de ces formes. Le monde est donc plus fort que moi. A son pouvoir je n’ai rien à opposer que moi-même-mais d’un autre côté, c’est considérable. Car tant que je ne me laisse pas écraser par le nombre, je suis moi aussi une puissance. Et mon pouvoir est redoutable tant que je puis opposer la force de mes mots à celle du monde, car celui qui construit des prisons s’exprime moins bien que celui qui bâtit la liberté. Mais ma puissance ne connaitra plus de bornes le jour où je n’aurai plus que mon silence pour défendre mon inviolabilité, car aucune hache ne peut avoir de prise sur le silence vivant. » (Stig Dagerman – Notre besoin de consolation est impossible à rassassier) (6)

Nous ne devons plus avoir honte de nos rêves, nous ne devons plus les rejeter car en les rejetant on résiste à notre devenir, on résiste à l’amélioration, on résiste à la vie. « Ce n’est pas la mort, écrit Don Miguel Ruiz, mais le risque d’être vivant et d’exprimer qui l‘on est vraiment qui suscite la peur la plus importante. Etre simplement soi-même, voilà ce que l’on redoute le plus. »

J’ai décidé d’arrêter d’avoir peur de ce que je suis et de me sentir ridiculement coupable de mes rêves. A travers cette plateforme, j’aimerais les partager avec vous et j’aimerais que vous ajoutiez les vôtres aux miens – anciens ou neufs (sous forme d’articles, d’essais, d’audiovisuels, de photos, de poèmes, de chansons, d’appels à projet, etc…) –  pour donner forme à un rêve commun, «  cette ligne rêvée dont la quête étire et relève, emporte et exalte, à la manière d’un appel d’air et d’une envie d’espace […] illustrer le mouvement, défendre le déplacement, tisser ensemble cet imaginaire commun de l’ici et de l’ailleurs, du très proche et du lointain » (Edwy Plenel, Dire Non)

Léna Le Guay

Bibliographie

(1)   Le loup des steppes, Hermann Hesse, 1927

(2)   Les quatre accords toltèques, Don Miguel Ruiz, 1999

(3)   Dialogues, Gilles Deleuze et Claire Parnet, 1977

(4)   Dire Non, Edwy Plenel, 2014

(5)   Le rêve d’un homme ridicule, Fiodor Dostoïevski, 1877

(6)   Notre besoin de consolation est impossible à rassassier, Stig Dagerman, 1993

Illustration réalisée par Lily Renon / Site -> ICI